Le premier moulin, appelé moulin banal, est élevé par les Sulpiciens en 1819. C'est un moulin de pierre solide d'une moulindimension respectable de cent pieds par soixante.

En 1833, le toit fut transformé par un cultivateur charpentier, M. José Ratelle. C'était le centre de toutes les activités. Souvent les meules tournaient le jour et la nuit et des colons devaient attendre au lendemain pour «avoir leur tour».

Il fut l'objet de bien des transactions. Tour à tour propriété des Sulpiciens, de MM. Demers, Beauregard et Goulet, Gilmour & Anderson, il passa aux Richard, à Ernest Grubb puis retour à la famille Richard. Le feu fit aussi des ravages en 1928. Même en ruines, c'est tout de même le seul témoin du labeur de nos pionniers...

De l'autre côté de la rivière, il y en avait un autre, propriété de MM Alexis Bourgeois et Antoine Leblanc. Il fut en opération de 1836 à 1861.

Un peu en arrière du moulin banal, il y avait le moulin à carder destiné à l'industrie de la laine. Il fut construit par M. Henry Anderson. Il fonctionna pour le mieux jusqu'en 1871 alors qu'un désastreux incendie le réduisit en cendre.

Il ne faut pas oublier, non plus, le moulin à scie que M. Jean-Baptiste Demers a fait construire pour lui-même. Vers 1850 il était déménagé sur le canal entre le moulin banal et le moulin à cardes puis fixé de l'autre côté de la rivière sur l'emplacement de MM. Bourgeois et Leblanc.

M. Joseph Bro l'acheta en 1867 suivi de M. Luc Arpin et Édouard Fisk de Joliette qui en transporta le mécanisme aux Dalles sur la rivière Ouareau.

Il y a eu aussi un moulin à scie à Montcalm, sur la rivière Rouge, construit par MM. Firmin Dugas, Isaac Dugas et Pierre Richard. Cinq ans plus tard, M. Firmin Dugas construisait son moulin à farine. Ces deux moulins offraient des services aux habitants du canton jusque vers 1889, date où ils furent délaissés. Ils furent vendus à des frères Lord, cousins des premiers propriétaires qui ont rebâti les deux moulins au complet et ont creusé un canal sur une distance de sept arpents pour y conduire l'eau de la rivière Rouge. En 1902, les moulins étaient de nouveau en opération.

Vers 1850, il y avait cinq moulins à scie, trois moulins à farine et un moulin à cardes à Saint-Liguori. Impressionnant, n'est-ce pas ? Il y avait beaucoup d'activités dans le secteur et on voulait se distinguer et s'identifier !